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La Belgique, le pays le plus cher d’Europe pour les employeurs

Posté le 10.01.2013
La Belgique, le pays le plus cher d’Europe pour les employeurs

Troisième enquête européenne Deloitte sur les salaires :

Le handicap salarial de la Belgique sous la loupe
Diegem, le 8 décembre 2012 –

Deloitte divulgue aujourd’hui les résultats de sa troisième enquête européenne sur les salaires. Cette étude de grande envergure compare les coûts salariaux, les salaires nets et les revenus nets imposables de 17 pays (soit 6 pays de plus que l’an dernier). L’étude révèle que la Belgique est toujours confrontée à des charges patronales très élevées, principalement en raison d’une cotisation patronale illimitée. En plus, l’indexation automatique des salaires et un salaire minimal légal élevé viennent encore s’ajouter aux coûts, déjà importants, supportés par les employeurs. En revanche, la vie en Belgique est considérablement moins chère que dans les pays européens plus riches, se situant à mi-chemin entre l’Europe septentrionale et l’Europe méridionale. Si la Belgique mettait d’avantage en avant ses mesures salariales uniques en matière de R&D, cela augmenterait son potentiel d’attractivité pour les investisseurs étrangers.


La Belgique et la France en tête des coûts patronaux élevés en Europe


La Belgique lutte toujours contre des coûts patronaux très élevés - parmi les 17 pays étudiés, la Belgique est celui qui présente le coût le plus élevé en ce qui concerne les ouvriers. Pour les employés, elle occupe la deuxième place, derrière la France. En Suède et en Italie, les coûts salariaux sont assez similaires à ceux de la Belgique. Patrick Derthoo, associé Tax chez Deloitte Belgium et responsable de cette étude :
« Chez nous, la sécurité sociale est le point le plus critique. Dans 8 des 17 pays, les cotisations de sécurité sociale dont l’employeur doit s’acquitter sont plafonnées à partir d’un certain revenu. En France, Belgique, Suède et Italie, notamment, les cotisations patronales sont illimitées. »
Dans le système belge de sécurité sociale, les cotisations sont énormes. À cela s’ajoute le fait que la Belgique se situe dans le top 3 des pays ayant un salaire minimal légal élevé (le Luxembourg figure en tête, suivi par la Belgique et la France).

Cerise sur le gâteau, nous devons composer avec une indexation annuelle des salaires imposée par la loi. Outre notre pays, le  Luxembourg, la Slovaquie et l’Espagne sont les seuls à imposer également aux employeurs un système d’indexation qui les oblige à adapter annuellement et automatiquement tous les salaires selon l’évolution de l’indice des prix à la consommation.


La Belgique est nettement moins chère que les pays européens plus riches


Le revenu net disponible que l’on obtient en Belgique en appliquant des ‘corrections’ sur base des frais de logement, du coût de la vie et des allocations familiales, est encore mieux classé cette année. La Belgique est considérablement moins chère que les pays européens plus riches, et se positionne à mi-chemin entre l’Europe septentrionale et l’Europe méridionale. À Bruxelles, la vie est par exemple moins chère qu’à Luxembourg, Zürich, Londres, Paris, Dublin, Copenhague et Amsterdam, et cet écart ne cesse de croître.
La vie est certes plus chère en Belgique qu’en Pologne, République tchèque, Slovaquie, Grèce ou au Portugal, par exemple, mais la différence entre la Belgique et ces pays tend cependant à s’atténuer.


La Belgique est attractive grâce à une mesure de R&D, mais l’est moins pour les sièges sociaux


En Belgique, le revenu professionnel est lourdement taxé, si bien que les entreprises éprouvent souvent des difficultés à attirer une main-d’oeuvre qualifiée. Les entreprises qui emploient des travailleurs en Recherche & Développement peuvent, pourvu qu’elles répondent à certaines conditions, faire appel à une mesure fiscale leur permettant de récupérer une part importante du précompte professionnel dû aux chercheurs. Ces employeurs réalisent par conséquent une économie directe sur le coût salarial, ce qui confère aux entreprises belges se situant dans les catégories salariales les plus élevées une longueur d’avance sur leurs concurrents des pays limitrophes. Aucun autre pays étudié ne possède d’ailleurs un tel système avantageux et structurel.

Patrick Derthoo : « La Belgique se classerait peut-être encore mieux et pourrait canaliser plus d’activités de R&D si nous réussissons à attirer d’avantage l’attention sur cette mesure fiscale au niveau international.»
Si la Belgique joue un rôle de pionnier en matière de R&D, ce n’est pas du tout le cas lorsqu’il s’agit d’attirer les bureaux d'affaires principaux de multinationales. La Suisse est un exemple structurel sur ce plan, simplement en raison d’impôts et de cotisations de sécurité sociale relativement peu élevés.


Traditionnellement, la Belgique se classe toujours dans la ‘short list’ des pays qui peuvent attirer les bureaux d’affaires principaux de multinationales (avec, notamment, le Luxembourg, les Pays-Bas, l'Irlande et la Suisse). Mais en raison de la forte pression fiscale, la compétitivité de la Belgique a fortement diminué ces dernières années. La Suisse, elle, dispose d’un avantage structurel, simplement grâce à des taxes et cotisations sociales relativement basses. En outre, la Belgique ne se rattrape pas non plus en matière de sécurité fiscale, un facteur important pour attirer chez nous le siège des entreprises. En tenant compte des corrections sur base des frais de logement, du coût de la vie et des allocations familiales, le revenu net disponible belge est nettement plus avantageux qu’autre part. Toutefois, puisque l’on s’attend à ce que les entreprises accordent de plus en plus d’importance au coût salarial et à l’(in)certitude fiscale, il semble peu probable que le revenu net disponible soit un élément décisif qui influencera le choix en faveur de la Belgique.


De plus en plus de pays appliquent un taux d’imposition marginal sur le revenu de 50% ou plus

En 2011, le taux d’imposition en Belgique se situait en 2e position par rapport aux 11 pays étudiés. La Suède occupait la première place avec 56%, suivie par la Belgique avec 53,5%, à la différence que ce taux d’imposition maximal est déjà atteint en Belgique à partir d’un revenu de +/- 36.000 EUR – contre +/- 58.700 EUR en Suède.

Dans la précédente édition de cette étude, Deloitte concluait que de nombreux pays ne semblaient pas prêts à augmenter le taux d’imposition marginal sur le revenu au-delà de la limite psychologique des 50%. Avec l’extension de cette étude en 2012, il s’avère aujourd’hui que 6 pays sur les 17 étudiés appliquent déjà un taux d’imposition marginal de 50% ou plus, et que certains pays affirment vouloir l’augmenter dans un futur proche.

Patrick Derthoo : « La conjoncture économique et financière difficile a peut-être permis à cette limite psychologique de s’estomper voire même de disparaître. Nous remarquons toutefois que le montant moyen auquel ce taux maximal est applicable est, dans la plupart des pays, bien plus élevé qu’en Belgique (par ex. environ 2 fois plus élevé au Danemark et en Suède, et environ 10 fois plus élevé en Espagne et en Suisse). »


En Belgique, le partenaire non actif est récompensé, mais dans d’autres pays aussi


En Belgique, un contribuable isolé est taxé plus lourdement qu’un contribuable marié qui a un partenaire non actif et 2 enfants à charge. Dans notre pays, la différence de pression fiscale varie grosso-modo entre 4.000 EUR et 5.500 EUR. L’an dernier, l’étude avait conclu que la Belgique faisait cavalier seul dans ce domaine, à l’exception des catégories de revenus les plus élevées dans lesquelles les différences de pression fiscale étaient encore plus marquantes en France et en Allemagne.


En analysant la situation de 17 pays plutôt que de 11, il s’avère que plusieurs pays adoptent une attitude plutôt conservatrice par rapport à la famille et aux impôts sur le revenu auxquels doit faire face une famille. En France et en Allemagne, mais aussi au Luxembourg, au Portugal et en Suisse, la différence de pression fiscale, en fonction de la situation personnelle, dépasse celle de la Belgique dans au moins un scénario.


Hausse générale des tarifs d’imposition sur le revenu passif : également en Belgique


À l’instar de l’année dernière, par rapport aux autres pays concernés par cette étude, l’investisseur belge paie toujours un impôt moyen sur les intérêts et les dividendes. Le taux d’imposition dans les 17 pays étudiés est d’environ 23,42 % pour les intérêts (le Royaume-Uni et le Danemark ne sont pas pris en considération car les taux progressifs applicables y sont très divers) et de 25,13 % pour les dividendes
(une fois de plus, il n’a pas été tenu compte du Royaume-Uni en vue de la diversité des taux progressifs applicables). La Slovaquie est le seul pays de l’étude à ne pas imposer les dividendes aujourd’hui.

L’impôt sur la fortune reste une exception en Europe


La majorité des pays européens ne semble pas oser se risquer à un impôt formel sur la fortune. La France, l’Espagne et désormais la Suisse appliquent toutefois à leurs contribuables un impôt sur le capital propre qui excède une certaine limite. La Suisse, nouvelle venue dans ce domaine, applique des pourcentages peu élevés ; le seuil à partir duquel le capital propre est taxé dépend du canton et de la ville
dans lesquels vit le contribuable, mais il se situe en moyenne autour des 3 millions de francs suisses (soit +/- 2.700.000 EUR).

 

À propos de l’étude
L’enquête européenne sur les salaires a été menée par Deloitte en collaboration avec De Tijd et L’Echo. Pour cette étude, des répondants ont été interrogés dans 17 pays : l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la France, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, le Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, le Royaume-Uni, le Slovaquie, la Suède, la Suisse et la République tchèque.


À propos de Deloitte
Deloitte, cabinet d’audit et de conseil de premier plan en Belgique, offre des services à haute valeur ajoutée en matière d’audit, d’expertise comptable, de conseil fiscal, de conseil financier et de consultance. Plus de 2.600 collaborateurs répartis dans 11 bureaux conseillent des entreprises nationales et internationales, des PME ainsi que des institutions publiques et des ASBL. Le chiffre d’affaires pour l’exercice fiscal 2012 s’élève à 334 millions d’euros.


Le cabinet belge fait partie du groupe international Deloitte Touche Tohmatsu Limited, l’un des leaders mondiaux des services professionnels, regroupant plusieurs sociétés membres indépendantes.
Nous concentrons nos efforts sur notre service à la clientèle à travers une stratégie mondiale menée au niveau local dans plus de 150 pays. Fortes d’un capital intellectuel composé d'environ 200.000 personnes dans le monde, nos sociétés membres fournissent des services dans les principaux domaines professionnels couvrant l’audit, la fiscalité, la consultance et le conseil financier. Leurs services, renommés pour leur excellence, ont déjà conquis les décideurs de la plupart des grandes enseignes internationales et nationales, publiques comme privées, et d’organisations prospères en plein essor opérant à l’échelle mondiale. Le groupe Deloitte Touche Tohmatsu Limited a réalisé un chiffre d’affaires de 31.3 milliards de dollars pour l’année fiscale 2012.


Deloitte fait référence à un ou plusieurs cabinets membres de Deloitte Touche Tohmatsu Limited, société de droit anglais (« private company limited by guarantee »), et à son réseau de cabinets membres constitués en entités indépendantes et juridiquement distinctes. Pour en savoir plus sur la structure légale de Deloitte Touche Tohmatsu Limited et de ses cabinets membres, consulter www.deloitte.com/about.

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