Directeur du Theatre d'Auderghem
André Baccichet, la cinquantaine (depuis 4 ans), marié, 2 filles adorables. Fan de Bouviers Bernois, de sports, de musiques, de voyages et ... de théâtre.
Au bon endroit et au bon moment. J'ai retenu l'attention en organisant bénévolement des événements associatifs qui se déroulaient au Centre. Un rendez-vous chez le Bourgmestre, interview, profil correspondant, et beaucoup d'enthousiasme et d'investissement personnel à offrir…
La particularité du CCA est d'être gérée par une ASBL, soutenue par la Commune mais principalement financée en fonds propres.
Toute prise de risque a potentiellement un impact sur l'équipe. Diriger ce genre de « navire » était très tentant, j'ai accepté la proposition avec une motivation extraordinaire et l'envie d'y mettre un peu de ma personnalité et d'investiguer toutes les perspectives de ce défi.
Le fer de lance est notre cycle Paris-Théâtre, des pièces parisiennes présentées chez nous la saison suivante de leur création, avec une formule d'abonnement très prisée par le public.
Depuis maintenant plus de 12 ans, chaque année, d'octobre à février je me rends à Paris et je vais voir plus d'une vingtaine de pièces. La sélection s'opère lentement en tenant compte des genres, de la qualité des spectacles, de la distribution et du coût cachet de ceux-ci. 7 spectacles sont finalement retenus, ils constitueront notre programme.
Il convient de ne pas décevoir et de fidéliser nos abonnés et la clientèle chaque saison… Le programme doit être varié, divertissant, sans aucun doute mais il doit également faire découvrir de nouveaux talents, comédiens ou auteurs.
Nous essayons de faire partager nos coups de cœur tel que « le Repas des fauves » en janvier 2012. Il s'agit enfin de positionner le CCA dans le panorama culturel belge, en général, et bruxellois en particulier…
Le théâtre parisien ! Présenter des comédiens que l'on voit généralement au cinéma ou sur le petit écran est extrêmement apprécié. Le théâtre est un « spectacle vivant en 3D », une relation éphémère entre les comédiens et le public. Impossible de recommencer une scène ! À chaque représentation, il faut améliorer la prestation, captiver et partager plus encore que lors de la précédente.
Depuis plus de 25 ans, nous présentons un échantillon de ce qui se fait de mieux sur les planches parisiennes. Nous avons à cœur de présenter, autant que faire se peut, les spectacles les plus populaires, je veux dire ceux qui ont eu le meilleur succès de fréquentation. Si le milieu professionnel et la critique théâtrale plébiscitent nos choix, c'est encore mieux ! Voir une pièce, que l'on a déjà choisi plusieurs mois avant, remporter un « Molière », c'est génial !
Notre savoir-faire, notre accueil et notre équipe technique sont nos meilleurs atouts.
Nous restons modestes, proposons un théâtre à dimensions humaines, sans les strass d'un concert ou d'une comédie musicale.
Les têtes d'affiche côtoient des acteurs moins connus mais que nous défendons avec tout autant d'ardeur, comme la jeune équipe d' « A deux lits du délit » par exemple.
Il ne s'agit pas de négliger les autres expressions artistiques, ni de prétendre que le théâtre belge soit inférieur au français (je ne me le permettrais pas !). Non, simplement nous en avons fait notre créneau, d'autre lieux exploiteront d'autres théâtres ou d'autres moyens d'expressions. Nous avons souvent été copiés, jamais égalés ! Et cette expérience en matière de théâtre parisien déteint positivement sur toutes nos autres activités.
Du point de vue culturel, c'est assez varié: les ciné-conférences Exploration du monde, des collaborations régulières avec divers partenaires belges pour le théâtre et la musique, prochainement un ciné-club...
Il ya surtout le volet plus « business », à savoir, les locations de salles et accueils d'événements. Nos clients sont essentiellement des entreprises et des asbl, avec des demandes diverses. Notre équipe est très réactive et à l'écoute de leurs demandes ; nous restons dans la même dynamique humaine rationnelle que pour le Paris-théâtre. Plus qu'un complément de revenu, ça nous permet d'offrir au public du Centre culturel une variété d'événements assez incroyable.
Oui et quel bonheur ! Il s'agit d'une forme de reconnaissance très appréciée ! Pendant et à la suite des représentations parisiennes et d'un succès espéré, des « tourneurs » possédant les droits de diffusion de ces spectacles contactent les « organisateurs » de France, de Suisse et de Belgique afin d'établir un itinéraire. Une négociation s'installe … Je vois 20 à 30 pièces, on m'en propose 20 de plus !
Bien sûr ! Autant que faire se peut… Oui, je fréquente pas mal de théâtre bruxellois. Le Public, Le Parc, Le Théâtre des Galeries… Ce qui est « comique » et « rassurant » à la fois, c'est que certains des spectacles proposés à Auderghem se retrouvent à l'affiche 1 ou 2 ans plus tard dans une nouvelle mise en scène, avec une distribution de comédiens belges dans l'un ou l'autre théâtre bruxellois !
Je commence à faire « mon marché » parisien, j'ai vu 5 spectacles de qualités, sans véritables têtes d'affiche. Si, quand même : « Les Conjoints », une pièce d'Eric Assous, mise en scène de Jean-Luc Moreau, avec Jean-Luc Moreau, José Paul, Anne Loiret et Anne-Sophie Germanaz, un petit bijou ! J'ai apprécié « Bonobos », la dernière pièce de Laurent Baffie : très drôle, du Baffie un peu « muselé » dans le discours et les dialogues, une très belle histoire d'amitié entre trois copains …L'un sourd, l'autre muet et le troisième aveugle : un délire !
La porte de mon bureau est constamment ouverte.
J'attache une très grande importance aux relations humaines. Nous sommes une petite équipe, l'information doit circuler rapidement et les petits soucis doivent être résolus aussi rapidement que possible. J'ai une entière confiance en mes collaborateurs proches. J'estime que la billetterie et la régie spectacle sont à la fois « le poumon et le cœur » de notre asbl.
Je possède une assistante efficace, motivée, responsable et créative qui agit et défend les mêmes objectifs.
Ensuite, il faut effectuer les bons choix parmi les locataires potentiels de nos installations, les bons choix artistiques, s'aventurer dans quelques créations, risquer de nouveaux genres théâtraux.
Enfin et en marge à tout cela, il faut également entretenir et maintenir nos infrastructures en bon état et entamer de longues et patientes discussions avec les pouvoirs publics pour tout investissement en ce sens. Il faut maintenir un « doux » équilibre entre l'administration d'une telle institution et la direction artistique…
Il y en a beaucoup ! Les plus marquantes sont d'ordre artistique bien entendu. Je commencerai par Alain Leempoel, comédien belge, producteur et homme d'affaire à qui je dois énormément, il m'a appris le métier, m'a mis sur de bons rails, il a été et est toujours de bons conseils
Jean Piat, comédien et homme exceptionnel.
Michèle Bernier, une comédienne d'un immense talent, généreuse, émouvante, terriblement attachante. Elle vient régulièrement chez nous !!
Richard Berry, Michel Galabru, José Paul, Isabelle Gélinas, Jean-Luc Moreau, Didier Caron, Sébastien Thiry, Sébastien Castro, Jacques Balutin, Thiérry Lhermitte, Gérard Jugnot, Arthur Jugnot, et j'en oublie beaucoup ont tous représenté des moments de grande qualité humaine et artistique !
Alexandra Lamy, Jacques Weber, Roland Giraud, Maiike Janssen, Marthe Villalonga…